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Pilgrim mérite d'être connu ?

Pré-ambule

Pilgrim

Pilgrim est un blog avant tout photographique, une invitation par l'image à découvrir le littoral de la Charente-Maritime. Ses paysages sont le fruit de la dynamique naturelle de la côte et du travail séculaire des sociétés qui nous ont précédés. Legs naturel et culturel précieux que je m'efforce de vous montrer, en espérant que les moments que vous passerez ici seront une source d'inspiration pour vos futures pérégrinations.

Samedi 3 octobre 2009
En 1884 fut construit en Patagonie, à l'extrémité méridionale de la Terre de Feu, en Argentine, un Phare du Bout du Monde, qui donna son nom au roman qu'il inspira à Jules Verne. Abandonné à la décrépitude moins de vingt ans plus tard, il est redécouvert par André Bronner, Rochelais d'adoption, qui décide de le reconstruire en 1994. Une autre réplique du phare original est rapidement mise en chantier, face à la pointe des Minimes, à La Rochelle. Inauguré début janvier 2000, Le Phare du Bout du Monde de La Rochelle est maintenant bien connu des gens de la région...



La Pointe des Minimes et le Phare du Bout du Monde
Photo recadrée (!)






Par Hacène - Publié dans : La Rochelle
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Mercredi 30 septembre 2009
Bidoche, aux éditions Les Liens qui Libèrent (LLL). Sortie aujourd'hui en librairie, du dernier livre de Fabrice Nicolino, journaliste bien connu de ceux qui fréquentent le blog Planète sans visa. Il existe désormais un site consacré à ce livre, à partir duquel on peut accéder à un blog spécifique. Bien sûr, je ne l'ai pas encore lu, ce qui ne saurait tarder, mais je vous encourage néanmoins dès aujourd'hui à le faire, en acquérant l'ouvrage en question.




En voici l'introduction :

Je suis né pour ma part dans le sous-prolétariat urbain de la banlieue parisienne. Ce n’est pas un lieu rieur. Ce ne fut pas un temps calme. Il m’arriva plus d’une fois de rêver meilleur destin. Mais qui choisit ? Il reste que, dans les meilleures années de cette époque engloutie à jamais, ma mère préparait le dimanche midi un roast-beef, un rosbif farci à l’ail qui déclenchait chez nous tous, les enfants de cette pauvre nichée, une émeute de papilles.

Un repas peut-il rendre heureux ? Oui. Un morceau de viande peut-il faire croire, le temps d’une tablée familiale, que tout va bien, que tout va mieux ? Oui. J’ai mangé beaucoup de viande. J’ai pris un grand plaisir à mastiquer, à partager avec les miens ce qui était davantage qu’un mets. Je suis mieux placé que d’autres pour comprendre que manger de la viande est un acte social majeur. Un comportement. Une manière de se situer par rapport au passé maudit de l’humanité, et de défier le sort promis par l’avenir.

Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j’ai changé d’avis et de goût. Modifier ses habitudes est l’une des vraies grandes libertés qui nous sont laissées. Je l’ai fait. Derrière la viande, peu à peu, les morceaux, hauts et bas, se sont reformés, comme dans les dessins animés de mon enfance, qui ignorent tout de la logique triviale de la vie ordinaire.

Derrière une côte de bœuf, j’ai fini par voir un bœuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon. On peut parler d’un choc, immense et lent. L’histoire que je vais vous raconter n’est pas simple, et j’en suis le premier désolé. Elle peut d’autant plus paraître compliquée qu’elle l’est en réalité. Mais ce n’était pas une raison pour faire un livre pesant. Celui-ci ne devrait pas l’être. On y verra beaucoup d’hommes en action, prenant en notre nom des décisions plus ou moins réfléchies. Avec des conséquences majeures que la plupart ignorent.

Cela explique les tours, détours, ruses et contorsions d’une affaire profonde, qui nous concerne tous. Ce livre sur la viande commande du temps, et de la réflexion. Peut-être est-ce une mauvaise idée de le signaler d’entrée, à l’heure d’Internet et du zapping tous azimuts. Mais c’est ainsi. Au moins ne serez-vous pas trompé sur la marchandise. Il reste que cet ouvrage peut aussi se lire pour ce qu’il est : une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n’était inévitable. Où tout aurait dû être pesé. Ou tout aurait pu être contrebalancé. Une histoire pleine de bruit et de fureur, emplie jusqu’à déborder de qualités qui sont souvent de pénibles défauts. Laissez-vous porter par cette vague venue des temps les plus anciens, et posez-vous les bonnes questions, qui vous rendront fiers d’être des humains dignes du mot.

Comment des animaux aussi sacrés que le taureau Hap de la plus haute Antiquité sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour « fabriquer » de la « matière » à partir d’êtres vivants et sensibles ? Pourquoi leurs laboratoires sont-il aussi anonymes que secrets ? Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? À la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel ? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d’antibiotiques et d’hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique en cours ?

Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ? La réponse n’a rien d’évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. À la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d’une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent. Et peut-être même rejoindrez-vous celle qui ne veut plus. A-t-on le droit de se révolter ? On en a en tout cas le devoir.

Je mange encore de la viande. De moins en moins, et désormais si peu que j’entrevois le moment où je cesserai peut-être de le faire. Je ne suis pas un exemple. Je suis exactement comme vous. J’espère en tout cas que nous nous ressemblons assez pour que le dialogue commence. Mais avant cela, il fallait vous faire découvrir le tumulte des relations que nous entretenons avec notre sainte bidoche. Si ce livre devait servir à quelque chose, il me plairait qu’il permette à ses lecteurs de se demander ce qu’ils mangent. Et pourquoi. Et comment.




Addendum 01/10/2009 : Faites connaître ce livre autour de vous si le sujet vous touche...




Par Hacène - Publié dans : Environnement / science / santé
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Dimanche 27 septembre 2009
Non pas de moi, mais des photographies de la catégorie Côte Sauvage. Elles ont été redimensionnées, et en ressortent grandies, j'espère... Vous pouvez les voir, en commençant par la première, en cliquant ici.
Bonne découverte, ou redécouverte...


Par Hacène
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Jeudi 24 septembre 2009



Fil de soie arachnéen flottant au vent




Par Hacène - Publié dans : Faune et flore
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Lundi 21 septembre 2009


Carrelets de l'île Madame, en Charente-Maritime. À droite, l'île d'Aix, à gauche, suspendu entre ciel et mer, fort Boyard. En face, plein ouest, de l'autre côté de l'océan Atlantique, à la même latitude, l'Isle Madame, en Nouvelle Écosse (Canada)...



Par Hacène - Publié dans : Carrelets
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Dimanche 20 septembre 2009
Pilgrim vous présente habituellement des photographies, les miennes et parfois celles d'autres photographes que je souhaite faire découvrir. Avec parfois un peu de texte comme complément. Aujourd'hui, rien de tel. Je voudrais simplement vous entretenir d'une question importante : le niveau des mers. Pourquoi en faire un article, alors que les médias que vous consultez généralement en font parfois état ? Que pourrais-je bien apporter de plus ? Eh bien l'expérience montre, quand on examine ce qui se dit sur un sujet que l'on maîtrise, que les médias, de masse particulièrement, racontent beaucoup d'âneries. Souvent parce qu'ils ne maîtrisent pas les sujets qu'ils voudraient vous expliquer, ensuite parce que des raccourcis sont faits, des simplifications, pour vulgariser à l'extrême et rendant par là même leur propos erroné. Ils partent du principe qu'il faut être concis et simple à l'excès, sans quoi vous zapperez pour aller voir ailleurs quelque chose de prédigéré, où il n'y a pas d'effort de compréhension à faire. Le postulat implicite étant bien souvent que vous en seriez incapables. Enfin, il y a aussi, parfois ou souvent (?), la volonté de ne pas dire la vérité, voire de mentir. Que ceux qui en douteraient se souviennent de Tchernobyl, de l'arrêt du nuage radioactif à nos frontières et des faux bulletins météo commandés par l'État aux chaînes de télé de l'époque...
Examinons en premier lieu ce qui se dit sur le sujet. Chacun connaît le GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Lors de leur dernier rapport, celui de 2007, une fourchette d'estimation a été donnée pour la fin du XXIe siècle : en 2100, la hausse du niveau moyen des mers devrait être comprise entre 19 cm minimum et 58 cm maximum. Dans le rapport de 2001, ce maximum était de 88 cm et dans celui de 1995 de 94 cm. Ainsi, depuis que les rapports du GIEC sont publiés, la hausse estimée est constamment à la baisse. Devant ces valeurs, assez largement inférieures au mètre pour la dernière en date, ceux qui ont vu le film d'Al Gore Une vérité qui dérange seront sans doute surpris, puisqu'il y est dit que les océans pourraient monter de six mètres, ce qui est bien sûr considérable. La fonte des glaces du Groenland est mise en avant pour expliquer cette valeur apocalyptique.
Certains membres du GIEC, comme Jean Jouzel, trouvent que les estimations de cet organisme ne vont pas assez loin et poussent pour un peu plus d'audace dans les déclarations.
Pour ne pas être en reste, le GIEC nous avertit donc à son tour qu'à terme, à l'horizon de quelques millénaires, avec la fonte des glaces du Groenland, ce sont sept mètres qui pourraient être atteints. Mais à l'horizon de quelques millénaires, il est très probable que "nous" serons de nouveaux dans une période glaciaire...
Pourquoi ne pas en rester là ? D'abord, il faut savoir ce qu'est le GIEC. Il « a pour mission d’évaluer, sans parti-pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue ». Ainsi, le réchauffement dû aux activités humaines n'est pas questionné, c'est un postulat, un point de départ. On ne cherche pas dans ce cas-là à savoir ce qui se passe et pourquoi, on croit le savoir dès le début. Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre est ainsi écarté. Le I  de GIEC (ou IPCC en anglais) est d'ailleurs celui d'Intergouvernamental. Comme nous ne sommes pas là pour faire le procès du GIEC, je laisse les curieux trouver par eux-mêmes les éléments à charge, comment les membres sont nommés, quelles sont leurs compétences, quels scientifiques prestigieux ont claqué la porte en prétendant qu'il n'y avait là aucune science, que de la politique, ce que disent d'autres, prestigieux aussi, qui y sont restés (souvent ils sont relecteurs, sans que leur avis soit pris en compte) et qui ne mâchent pas leurs mots non plus. Une autre raison d'aller voir par nous-mêmes, c'est que le GIEC, comme on a pu le lire précédemment dans ses objectifs, n'est pas un organisme de recherche. Il se contente de compiler les informations publiées dans les articles scientifiques qui ont trait de près ou de loin, au sujet. Chacun d'entre nous peut aller voir directement les chiffres, lire ce qui se dit. Ce que nous allons faire, ce dont chacun est capable, s'il le souhaite.


Je passe sur les variations spatiales du niveau de la mer qui sont dues à des variations de densité et d'épaisseur de la croûte terrestre. Entre la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale, il y a ainsi une différence d'altitude de 40 mètres ! Mais cela ne concerne pas notre préoccupation du moment et à notre échelle ces différences sont stables. Mais cela n'empêche pas la surface de la mer d'être bosselée par ailleurs (dans des proportions nettement moindres), pour d'autres raisons : sous l'effet des vents et des courants marins, la surface des océans n'est pas parfaitement horizontale, il y a des creux et des bosses. Des changements dans les courants marins et les vents principaux, l'évaporation aussi, peuvent localement augmenter ou baisser le niveau de l'océan. Ainsi, alors que le seul chiffre que l'on nous donne est une moyenne globale conduisant bien souvent à penser que le comportement du niveau des mers est homogène, une carte montrant son évolution sur quelques années révèle que dans certaines régions il y a bien une hausse, mais dans d'autres une baisse. Nous y reviendrons.

Avant de nous intéresser aux faits, examinons préalablement comment on y a accès. Comment mesure-t-on le niveau de la mer ?
Le moyen a priori le plus simple est le marégraphe, chargé de mesurer les hauteurs d'eau par rapport au repère fixe qu'est le continent. Bien sûr, sur un pas de temps court, les mesures n'indiquent pas grand chose car ces hauteurs mesurées sont tributaires des états de la mer, très variables. Il faut donc procéder à des moyennes sur des temps suffisamment longs (qui doivent être indiqués). Ces indications sont très intéressantes et peuvent apporter des informations importantes. Mais elles n'indiquent pas toujours le seul comportement de la mer. En effet, le niveau du continent lui-même peut varier, à la hausse ou à la baisse, si bien que les données recueillies sont  relatives à un référentiel qui n'est pas forcément stable. Certaines régions sont subsidentes, c'est-à-dire que leur altitude baisse. Il peut y avoir différentes raisons à cela. Les terres gagnées sur la mer (polders) s'enfoncent, tout comme les deltas, sous le poids des sédiments qui s'accumulent. Les côtes  fortement urbanisées également, sous le poids des constructions. Des prélèvements d'eau importants dans les nappes phréatiques peuvent induire des subsidences très importantes, comme à Tokyo, où, ajoutée à l'urbanisation, elle a provoqué un affaissement de 4,60 m entre 1919 et 1976. La ville est désormais sous le niveau de la mer, entourée par des digues. La maîtrise des pompages a stoppé la subsidence, mais le mal est fait. À Bangkok, on observe le même phénomène, qui se poursuit encore actuellement. Une logique similaire conduit des régions côtières à voir leur altitude baisser suite au prélèvement de pétrole ou de gaz naturel. Dans tous ces cas, même si le niveau de la mer est stable, la mesure relative donnée par le marégraphe indique une hausse. Inversement, il existe des régions où ces mesures indiquent une baisse, que le niveau de la mer reste le même ou bien monte. Pendant la dernière grande glaciation, durant plusieurs dizaines de milliers d'années, les continents des hautes latitudes ont été recouverts de vastes glaciers de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur. Ce stockage d'eau sous forme solide a provoqué
non seulement une baisse du niveau de la mer, qui était plus basse qu'aujourd'hui d'environ 130 m, mais également un enfoncement de la croûte continentale qui les supportait. Lorsque cette ère glaciaire a pris fin, ces inlandsis ont fondu. L'eau retenue sous forme solide est retournée aux océans, qui ont ainsi assez rapidement remonté jusqu'à il y a environ 7000 ans, puis beaucoup plus doucement depuis. Libérée de sa charge de glace, la croûte continentale a entamé elle aussi une remontée, que l'on appelle rebond postglaciaire, mais à une rythme beaucoup plus lent ; il se poursuit encore aujourd'hui. Ainsi, tout marégraphe installé sur les côtes scandinaves par exemple, indique un recul de la mer, tout simplement parce  que c'est le continent qui ici s'élève, plus vite que la mer.
Savoir si la mer monte ou baisse par rapport au continent est bien sûr important, notamment pour la vie des populations humaines et la pérénité de leurs constructions. Mais puisque ce n'est qu'une indication relative, cela n'informe guère sur le comportement du seul océan. Par ailleurs, il y a d'autres inconvénients. La plupart des marégraphes fonctionnant depuis suffisamment longtemps (on estime qu'il faut au minimum 50 ans de suivi pour en tirer quelque chose de fiable) sont dans l'hémisphère nord, dans les pays développés. Pour un suivi global, c'est raté...


L'arrivée des satellites a apporté un grand plus dans l'estimation du niveau des mers et le suivi de sa ou ses variations, particulièrement à partir de 1992 parce que la précision de la mesure des satellites plus anciens était jugée insuffisante. En connaissant avec précision l'orbite du satellite et en mesurant le temps de trajet aller et retour d'une onde radar, l'altitude instantanée de l'océan est calculée. Bien sûr, on se heurte là au même problème que pour les marégraphes : l'état variable de la mer. Il faut donc là aussi faire des moyennes sur un pas de temps suffisamment long. Mais ce n'est malheureusement pas tout. Il y a un certain nombre de corrections à effectuer.
À un endroit donné, la pression atmosphérique varie beaucoup dans le temps. Cette pression, c'est le poids de la colonne d'air sur la surface sous-jacente. De la même manière que vous enfoncez votre matelas en appuyant dessus, la colonne d'air fait pression sur la surface de la mer et provoque un abaissement lors des hautes pressions et une élévation lors des basses pressions : une hausse d'un hectopascal (1 hPa) abaisse la surface de la mer d'un centimètre ! Il faut donc en tenir compte et apporter des corrections aux mesures en fonction de la pression.
L'humidité de l'air peut aussi faire varier la mesure et les corrections peuvent aller jusqu'à quelques dizaines de centimètres.
Les marées sont bien sûr à considérer elles aussi. Comme chacun sait, elles font varier la hauteur de la mer et ces variations sont elles-mêmes très variables ! Dans l'espace d'abord. Sur les côtes, le marnage, c'est-à-dire la différence  d'altitude entre marée haute et marée basse peut varier de quelques dizaines de centimètres dans les mers fermées à plus de quinze mètres. Par ailleurs, ces marées n'ont pas d'influence sur les seuls littoraux, le centre des océans est lui aussi concerné, avec des variations de l'ordre de 2 mètres. Les variations ont lieu aussi dans le temps. Chacun sait que les coefficients de marée ne sont pas stables et varient dans le temps, entre les valeurs 20 et 120. Se surimposent aussi des cycles longs, pas simplement d'un mois lunaire au suivant.



Figure 1
: Cycle des marées de quatre villes du monde


Ces marées, en déplaçant de vastes volumes d'eau entraînent des effets de charge conduisant à des affaissements du fond marin, variables dans le temps. Le plancher océanique s'abaissant, la mer également. Ce phénomène doit être pris en compte.
La plus ou moins grande humidité atmosphérique modifie le temps de trajet de l'onde radar et des corrections sont nécessaires, parfois jusqu'à quelques dizaines de centimètres. De même pour l'ionisation ayant lieu dans la haute atmosphère, variable dans le temps et conduisant à des corrections de un à vingt centimètres.
Comme on le voit de très nombreuses corrections doivent être faites. Si bien qu'à partir des mêmes données brutes fournies par les satellites, les centres de recherches peuvent  parvenir à des altitudes différentes, selon les corrections qu'ils effectuent. L'image de précision apportée par cette haute technologie en prend un coup. Car si les corrections sont bien souvent de l'ordre de grandeur du centimètre (souvent plusieurs comme on l'a vu, et même parfois plusieurs dizaines), les variations mesurées d'une année sur l'autre sont, elles, de l'ordre du millimètre (une hausse moyenne d'environ 3 mm/an depuis 1992, date de mise en orbite du premier satellite suffisamment "précis"). Malheureusement, ce n'est pas tout. Car en faisant les recherches nécessaires pour cet article, je n'ai pas simlement découvert tous ces ajustements. Il n'y a pas que ce qui induit des biais dans la mesure, il y a la précision de la mesure elle-même. Cette précision est admirable en réalité : 3 à 4 cm. Mais mesurer des variations qui sont égales à environ 10% de la marge d'erreur, c'est un peu fort. Un très grand nombre de mesures est ainsi incontournable. Pour pallier les états changeants de la mer, je le rappelle, mais tout autant parce qu'un grand nombre de mesures doit permettre de minimiser la marge d'erreur, l'approximation. Mais, car il y a encore un mais, le satellite passe au-dessus de tout point de l'océan tous les 10 jours, soit 36 fois par an. Pour beaucoup, c'est très largement insuffisant pour faire les moyennes nécessaires. En effet, compte tenu de l'imprécision et de l'ordre de grandeur du phénomène que l'on souhaite observer, il faudrait des centaines de mesures pour qu'une moyenne puisse être prise au sérieux. L'ennui, c'est d'une part que cela prendrait des années, des dizaines d'années en fait, et, d'autre part, que pendant ce temps passé à collecter les mesures, le niveau peut varier. Sinon, on peut se contenter de ces trois mesures par mois et observer des tendances en temps "réel", mais pour être sûr que ce qui est observé correspond bien à ce qui se passe il faudrait attendre des dizaines d'années, le temps confirmant ou infirmant ce que l'approximation de la mesure nous empêche de connaître  rapidement
avec certitude. Bref, il semble bien que si on adopte un point de vue strictement scientifique, on se trouve face à un mur.
Mais je n'ai pas fait toutes ces recherches pour vous dire qu'on ne sait rien et m'arrêter là. Et de toute façon, il y a un discours sur le sujet, que les mass media ressassent. Cela vaut quand même la peine de voir ce qui se dit et ce que l'on peut tirer des seules infos que l'on a à disposition, pour confronter les deux.


Voyons tout de suite le résultat des mesures faites depuis 1992 par les satellites Topex-Poseidon, puis Jason I et enfin Jason II :


Figure 2 : Évolution du niveau global des océans depuis la fin 1992 jusqu'au début 2009 (la valeur moyenne pour la période vaut zéro)


Depuis 1992, la tendance serait donc clairement à la hausse, au rythme d'un peu plus de 3 mm par an. Néanmoins, depuis 2006, une nette inflexion a eu lieu. Il n'y a depuis lors guère de hausse, ou alors infime. Nulle accélération comme on peut l'entendre, bien au contraire. Selon Nils-Axel Mörner, spécialiste de la question, les données qui nous sont données ne sont même pas les mesures après corrections, mais des données réajustées en fonction d'un marégraphe repère, situé à Hong Kong, l'une des régions les plus subsidentes du monde. Alors que les données ne montraient auparavant aucune tendance à la hausse, comme le montre la figure ci-dessous, la manipulation consistant à "caler" les résultats sur une région perdant de l'altitude aurait conduit à considérer que le niveau des océans augmentait.


Figure 3 : Variations du niveau de la mer entre fin 1992 et début 2000 (malheureusement, je n'ai pas trouvé d'actualisation). Données brutes avant réajustement, selon Mörner.


On pourra se faire une idée par soi-même des déclaration de Mörner en lisant ses réponses à une interview, consultable ici (en anglais).

Quoi qu'il en soit, on représente quasiment toujours l'évolution du niveau des mers par un document unique laissant implicitement penser que le phénomène est uniforme. Un peu comme l'eau montant dans une baignoire, de la même manière en tout point de celle-ci. Il n'en est rien ! Non seulement le niveau ne monte pas partout aussi vite, mais surtout présenter le problème de cette seule manière, par une moyenne, c'est se priver d'une part considérable de l'information. Car il y a aussi de vastes et nombreuses régions de l'océan mondial où le niveau baisse. Non pas relativement à un continent qui s'élève, comme on a vu que cela existait au début de cet article, mais de manière absolue. Voici une carte, ci-dessous, montrant le comportement du niveau de la mer entre 1993 et 2004 :



Figure 4
: Évolution du niveau de la mer entre 1993 et 2004 (Wunsch et al., 2007)


L'avantage de cette carte est qu'elle a été produite à partir d'un nombre considérable de données, pas uniquement les données satellite. C'est probablement la meilleure approche de la réalité que l'on peut trouver pour cette période. Qu'y voit-on ? Eh bien loin de l'alarmisme, il semblerait que des régions qu'on nous dit prêtes à disparaître sous les flots ne se portent pas si mal : la moitié nord de l'Océan Indien, y compris les Maldives (on y reviendra) et le Golfe du Bengale ; mais aussi la Méditerranée, toute la côte pacifique de l'Amérique du Nord et de l'Amérique Centrale, etc. En jaune et en rouge, les régions pour lesquelles le niveau monte, qui existent aussi bien sûr. Comme on le voit, la spatialisation du phénomène montre une grande hétérogénéité. Voyons maintenant la hausse moyenne dans chaque océan (en sachant toutefois maintenant que dans chacun il y a des régions aux comportements différents).
Dans l'Océan Indien, la hausse semble se poursuivre, malgré les régions où la baisse est attestée :



Figure 5
: Évolution du niveau de la mer dans l'Océan Indien, entre fin 1992 et début 2009


Dans l'Océan Pacifique, la situation est tout autre. Certes, depuis le début des mesures par satellite, le niveau a globalement monté. Mais depuis 2003, il y a stagnation, voire baisse depuis 2006 (mais c'est bien court pour se risquer à y voir une tendance - on verra quand même que d'autres éléments vont dans ce sens).


Figure 6 : Évolution du niveau de la mer dans l'Océan Pacifique, entre fin 1992 et début 2009


Dans l'Océan Atlantique, on ne peut parler de baisse, mais la stagnation est réelle, depuis peu (2005).


Figure 7 : Évolution du niveau de la mer dans l'Océan Atlantique, entre fin 1992 et début 2009


Bon, il semblerait bien que l'accélération de la hausse du niveau des mers dont nous submergent certains médias ne soit pas si nette. Bien sûr, le manque de recul est patent. Et il faut bien se garder de conclure à la va-vite à une stabilisation. Nous reviendrons un peu plus tard sur les indicateurs du proche avenir. Revenons sur l'évolution récente et l'actualité. Chacun, comment faire autrement ?, a entendu parler de ces états insulaires qui
sont d'ores et déjà les victimes d'une montée des eaux. Au hit parade, Vanuatu, archipel du Pacifique sud. Dans un documentaire récemment passé sur France 5, il était question de cette île et des nombreux candidats à l'exil pour cause de submersion en cours. Bref, les îles du Vanuatu seraient sur le point d'être sous les eaux et sa population n'aurait d'autre choix que de partir. Des réfugiés climatiques en somme. Un travail journaliste d'enquête sur le terrain, avant disparition de celui-ci. Sauf que... Première chose, regardons du côté des candidats au départ. Deux chercheurs, C. Mortreux et J. Barnet ont publié en 2008 un article dans la revue Global Environment Change intitulé « Climate change, migration and adaptation in Funafuti, Tuvalu. » Funafuti est l'île principale de l'archipel. En voici le résumé, accessible en ligne pour ceux qui voudraient vérifier : "This paper shows the extent to which people in Funafuti – the main island of Tuvalu – are intending to migrate in response to climate change. It presents evidence collected from Funafuti to challenge the widely held assumption that climate change is, will, or should result in large-scale migration from Tuvalu. It shows that for most people climate change is not a reason for concern, let alone a reason to migrate, and that would-be migrants do not cite climate change as a reason to leave. People in Funafuti wish to remain living in Funafuti for reasons of lifestyle, culture and identity. Concerns about the impacts of climate change are not currently a significant driver of migration from Funafuti, and do not appear to be a significant influence on those who intend to migrate in the future." Pour faire court et pour ceux qui ne lisent pas l'anglais : les habitants de Funafuti candidats au départ, pour la plupart, n'évoquent aucunement le risque de submersion et le changement climatique. Cette problématique n'est pas la leur, alors qu'on nous montre déjà des images de gens les pieds dans l'eau et se demandant où aller. Regardons maintenant si une tendance est décernable dans l'évolution du niveau de la mer à Funafuti :


Figure 8
: Évolution du niveau de la mer à Funafuti (Tuvalu), de fin 1977 à 2000
 


Comme les données ne vont que jusqu'à l'an 2000, voyons aussi cet autre graphique, qui complète le précédent :


Figure 9
: Évolution du niveau de la mer à Funafuti (Tuvalu), de fin 1993 à 2006


Si quelqu'un est capable de voir la moindre tendance à la hausse, qu'il m'en informe. Montrer des documents à l'antenne, c'est moins vendeur que des images auxquelles on fait dire ce qu'on veut. Et les conclusions ne sont pas aussi fracassantes. Voici, pardonnez-moi, un autre graphique, concernant nombre d'îles du Pacifique :


Figure 10
: Évolution du niveau de la mer dans les îles du Pacifique ouest, de fin 1992-1993 à 2006


Inutile de faire un long discours : pour ma part, je ne discerne aucune tendance à la hausse. Juste pour info, la baisse importante de 1997-1998 est due à un El Niño particulièrement vigoureux. Pendant un tel phénomène, il y a un reflux des eaux du Pacifique ouest vers l'est du bassin, compensé ensuite par un retour pouvant induire une hausse momentanée.

Et les Maldives ? Ceux qui suivent les actualités du "réchauffement climatique" (et ses avatars "changement climatique", "dérèglement climatique") auront peut-être entendu il y a quelques mois la déclaration du président de cet état insulaire, déclarant vouloir acheter, malgré le manque d'argent de son pays, des terres continentales pour la future mais bien proche submersion de son pays à cause du réchauffement en cours. La montée actuelle ne pouvant que conduire un responsable politique à envisager l'avenir ainsi. Voici donc ce que l'on observe depuis les plages de sable blanc des Maldives :


Figure 11 : Évolution du niveau de la mer aux Maldives depuis fin 1992


Encore une fois, force est de constater qu'il n'y a pas de hausse discernable...

Pour un avenir les pieds dans l'eau, c'est pour l'instant mal parti. Oui, pourrait-on dire, mais dans un proche avenir ? Avec le réchauffement qui s'accélère et qui atteint des niveaux sans précédent ? Avec la fonte de la banquise et des glaciers du Groenland et même de l'Antarctique ? Que va-t-il se passer ? Sans compter que les tempêtes sont plus fréquentes et plus violentes, tout comme les cyclones... Car c'est bien aussi ce qu'on entend un peu partout.
Regardons d'abord du côté des événements violents, de plus en plus fréquents paraît-il. Une unique étude est disponible concernant les tempêtes en France, menée par Météo France. La difficulté à quantifier la violence d'une tempête (à partir de quand parle-t-on de tempête, cette définition est-elle stable dans le temps, qu'est-ce qu'une forte tempête ?...), particulièrement les plus anciennes, conduit à prendre un tel document avec beaucoup de précautions, sans être trop affirmatif. L'incertitude est même telle qu'il serait plus raisonnable de dire que l'on ne sait pas. Mais enfin, puisque beaucoup de journalistes sont facilement affirmatifs, voyons quand même ce que l'on peut en dire :



Figure 12
: Évolution du nombre de tempêtes en France de 1950 à 1999



Figure 13 : Évolution du nombre de tempêtes violentes en France de 1950 à 1999


Si l'on tient absolument à voir une tendance réelle sur ces deux graphiques, eh bien ce serait plutôt une baisse. Un contre-argument serait de prétendre que si ces tempêtes ne sont pas plus nombreuses, elles sont plus violentes. Mais une telle information n'existe pas. Sauf à évoquer le "bien-entendu", il n'y a rien qui permet de l'affirmer, ni de l'infirmer d'ailleurs, pas même les dégâts sur les forêts, largement tributaires du mode de gestion, qui a évolué dans le temps (vers une plus grande fragilité).
Les cyclones maintenant. Ils sont globalement bien suivis et la communauté scientifique utilise couramment un indice (ACE, pour Accumulated Cyclone Energy) pour mesurer leur intensité. Il y a bien sûr débat, parfois houleux, mais le point a été fait par L'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) pour mettre fin aux échanges continuels d'opinion par l'intermédiaire des revues scientifiques. La conclusion est qu'il n'y a rien qui puisse permettre de dire qu'ils sont plus nombreux et fréquents qu'avant, et rien non plus permettant de dire que l'avenir est à la hausse. Voici pour l'hémisphère nord la variation de cet indice ACE :



Figure 14 : Évolution de l'indice d'énergie dissipée par l'activité cyclonique depuis 1950 dans l'hémisphère nord


Vous pouvez maintenant vous faire votre propre opinion sur les annonces prétendant que ces dernières années ont vu une véritable inflation cyclonique. Pour renforcer l'argument, on invoque le cas de l'océan Atlantique, où le nombre de cyclones a augmenté. Mais ils ne représentent que 15% du nombre total de cyclones et ces derniers sont légèrement à la baisse dans les autres bassins, notamment le Pacifique. L'utilisation d'une information tronquée peut-elle être autre chose que de la manipulation ? Oui, de l'incompétence ! À la fin du mois d'août, la saison 2009 était proche du record... de faible activité. Mais la saison n'est pas terminée.
Nous reparlerons brièvement d'une possible évolution.


Et la hausse du niveau de la mer à cause du réchauffement des pôles ?
Débarrassons-nous de suite de la banquise, qui flotte sur la mer et ne saurait être un volume supplémentaire (quand votre glaçon fond dans votre verre, il ne fait pas monter le niveau du contenu).
Non, ce qui pourraît être problématique, c'est la fonte des glaciers qui constituent les calottes glaciaires recouvrant le Groenland au nord et l'Antarctique au sud.
Les scientifiques considèrent que jusqu'à présent la hausse constatée du niveau des mers est due beaucoup plus à l'expansion thermique qu'à la contribution des glaciers, qui est marginale. L'expansion thermique, c'est simplement le gain en volume d'une eau dont la température augmente. Autrement dit, à quantité égale, l'eau chaude occupe un plus gros volume que l'eau froide. Les océans s'étant quelque peu réchauffés, ce simple événement a fait monter le niveau.
Pour l'instant, les glaciers n'y sont
pas pour grand chose, donc. Mais à l'avenir, puisqu'ils sont en train de fondre ? Vous commencez à connaître la chanson, ce n'est peut-être pas si clair.
Commençons par le pôle sud. Le continent antarctique se refroidit depuis plus de trente ans, lentement, mais continûment. Voici ce que cela donne entre 1982 et 2004 :



Figure 15 : Évolution de la température en Antarctique entre 1982 et 2004

En bleu, les régions dont la température a diminué, en rouge, celles où elle a augmenté. L'essentiel du continent se refroidit. D'ailleurs ce cas "anormal" a un peu gêné les alarmistes du réchauffement "global", qui ont fini par déclarer que c'était normal et que les modèles rendaient très bien compte de cela. Mais ça faisait quand même un peu tâche ! Une étude est donc sortie récemment afin de montrer le contraire :


Figure 16 : Évolution de la tempérture en Antarctique entre 1957 et 2006


La partie ouest du continent austral se détache bien comme sur la figure précédente, mais cette fois tout le continent se refroidit. La réponse à cette énigme est à regarder du côté des dates. 1982-2004 pour la première, 1957-2006 pour la seconde. En 1957 et pour encore un moment, il n'était bien sûr pas question de mesurer les températures à l'aide de satellites. Seules les mesures au sol étaient possibles. Sur un continent glacé, dont les seuls habitants humains sont de rares chercheurs, on imagine le faible nombre de stations. Peu importe. Peu importe aussi que l'un des auteurs de cette étude soit
Michael E. Mann, bien connu au sein de la communauté des créateurs de courbes ad hoc. Encore une fois il y aurait eu bidouillage. Mais le mieux, c'est que fondamentalement, cette étude n'apporte rien de vraiment neuf. En effet, de 1957 (peut-être avant) à la fin des années 1970, la température a augmenté en Antarctique. Depuis, elle baisse, sûrement, mais doucement. Trop doucement pour que la baisse ait compensé la hausse. La conclusion est qu'il fait plus chaud au pôle sud maintenant qu'à la fin des années cinquante. Ainsi, simplement en changeant la manière de présenter les mêmes données, on en vient à pouvoir clamer dans les journaux que l'Antarctique se réchauffe, alors que depuis trois décennies, la tendance, bien que très faible, est à la baisse. Vous vous sentez manipulés ? Vous l'êtes ! Voici la courbe d'évolution de la température moyenne reconstituée (approchée) au pôle :


Figure 17 : Évolution de la température au pôle sud (70°-90° S) depuis 1957


Il eut été plus rigoureux de vous montrer la température de quelques stations, plutôt qu'une tentative de synthèse sur une vaste superficie à partir d'un faible nombre de points de mesure, mais cela aurait encore ajouter des figures. Celle-ci est tout de même "officielle", émanant du Hadley Centre (GB).

Concernant l'Arctique, je vous propose immédiatement deux documents. Le premier permet de situer un assez grand nombre de stations de la zone Arctique et de voir leur comportement thermique sur de longues périodes. Comme je ne peux, par manque de place, vous le présenter en très grande taille, cliquez dessus si vous le souhaitez et vous serez dirigés vers la page d'origine, où il vous sera possible, en cliquant sur chaque station, de visionner en grand les températures, hébergées sur un autre site :


Figure 18 : Évolution des températures de 38 stations situées de part et d'autre du cercle polaire, depuis plusieurs décennies.


À première vue, rien de bien dramatique. La température a baissé dans certaines stations, stagne dans d'autres, tandis que dans d'autres encore elle a augmenté. La longueur des séries permet de voir que la hausse récente pour certaines n'a rien d'extraordinaire, n'est en rien du jamais vu.
Comme les variations qui nous intéressent sont assez faibles, il n'est pas toujours aisé de les repérer ainsi représentées. Voici donc une figure, montrant l'évolution de la température pour l'ensemble de l'Arctique (entre 64°N et 90°N). Il s'agit d'anomalies de température, c'est-à-dire, de manière plus compréhensible, d'écarts à la moyenne (qui vaut zéro, donc) :



Figure 19 : Anomalies de température en Arctique depuis 1880


Comme on le voit, la hausse de température n'a rien d'exceptionnel en comparaison de celle qui est survenue dans les années 1920-1930. Les niveaux atteints non plus d'ailleurs. De nombreux chercheurs le disent clairement dans des articles scientifiques : il a fait au moins aussi chaud que maintenant en Arctique durant les années 1920, 1930, voire 1940. Contrairement à ce que l'on entend souvent, tant dans la bouche des journalistes que dans celle des chercheurs qu'ils choisissent d'interroger, ce qui est observé actuellement dans les hautes latitudes de l'hémisphère nord n'est pas sans précédent et il n'est nul besoin d'aller chercher loin dans le passé pour trouver une situation analogue. Pas plus qu'alors, il n'est à craindre la fonte de l'inlandsis groenlandais, qui ferait monter le niveau général des océans. D'ailleurs, les études menées sur le volume de sa calotte glaciaire montre un bilan général positif, avec une fonte en dessous de 1500 m d'altitude, c'est-à-dire sur ses marges, et un gain de volume au-dessus de 1500 m d'altitude, c'est-à-dire sur sa plus grande superficie, notamment en son centre (les couleurs chaudes indiquent la perte de volume -fonte- et les couleurs froides les gains :


Figure 20 : Évolution de la calotte glaciaire groenlandaise entre 1992 et 2003


L'antarctique se refroidit, l'Arctique connaît un réchauffement relatif qui n'a rien d'exceptionnel et ses glaciers, globalement, semblent assez bien se porter. D'ailleurs, la NASA nous informe d'un refroidissement du Groenland (sauf sur ses marges, là encore)...
Nous avons pourtant tous vu des images de glaciers groenlandais tombant en morceaux dans la mer. Il s'agit du glacier d'Ilulissat, sur la côte ouest. Ce phénomène de décharge en mer s'appelle le vêlage. Le glacier peu à peu gagne en volume et en masse, chaque année. Cet accroissement entraîne un écoulement, permettant au glacier de garder une masse à peu près stable en dehors des périodes glaciaires. Celui du glacier d'Ilulissat est assez exceptionnel, puisque le vêlage est en moyenne de 60 000 m3 par jour. D'où les innombrables icebergs au large de cette localité. C'est bien sûr là que vont les reporters et qu'on amène les hommes politiques pour qu'ils se rendent compte des conséquences du réchaufement en cours. On sait pourtant que ce phénomène très impressionnant est observé depuis que l'on connaît ce glacier, soit depuis 250 ans. Par ailleurs, si cette décharge s'accélérait, cela voudrait dire que le glacier qui est en amont gagne en masse (ce qui aurait pour effet, à sa mesure, de faire baisser le niveau de la mer !)...


Résumons : jusqu'à présent, absolument rien d'alarmant. Et dans un proche avenir ? Je ne vais pas doubler la longueur de cet article, probablement jugé par certains comme suffisamment éprouvant en l'état, en faisant un exposé de ce que l'on sait du rôle du Soleil dans le "réchauffement "global"" que l'on a connu entre le milieu des années 1970 et le début des années 2000. Début des années 2000 ? Mais oui, il y a stagnation, voire légère baisse, depuis. Je me contenterai de quelques petits points, très rapidement. Il y a quelques années a été découverte l'excellente corrélation entre l'irradiance solaire (la puissance du rayonnement électromagnétique du Soleil) et la température des océans, comme on peut le voir sur cette figure :


Figure 21
: Covariation de l'irradiance solaire et de la température des océans


Pour aller à l'essentiel, regarder l'allure de la dernière courbe, celle de l'irradiance solaire, et l'avant dernière, celle de l'évolution de la température globale des océans. Cette température est très bien corrélée à l'activité du Soleil. Et que constate-t-on pour les années les plus récentes ?


Figure 22
: Évolution de la température de surface des océans depuis 2002 selon 4 instituts de recherche


La température globale des océans est à la baisse. Il y a bien eu un pic ces dernières semaines, qui n'apparaît pas sur ce graphique, correspondant à l'événement El Niño qui a lieu cette année, mais n'empêche, la tendance depuis quelques années est à la baisse, indiscutablement, malgré une brève controverse sur la validité des mesures (il y a eu quelques corrections, qui n'ont pas modifié le résultat sur le fond). Le résultat du calcul du contenu thermique global des océans est d'ailleurs à la baisse lui aussi, alors que les modèles continuent de nous dire que l'accroissement ne cesse. L'écart avec la réalité, comme très souvent, est grand. Or, comme nous l'avons vu, c'est l'expansion thermique qui est responsable de l'essentiel de la montée récente (ou moins) des mers. Cette baisse de température de surface, comme du contenu thermique global, devrait donc conduire assez rapidement à une baisse, logiquement. L'avenir le dira, mais nous en sommes actuellement à une stagnation.
La corrélation de la température, et donc indirectement du niveau des océans, avec l'activité solaire, doit nous faire regarder du côté de celui-ci. Et je suis au regret de vous dire que notre astre préféré est bel et bien endormi en ce moment. La faiblesse de son activité est sans précédent depuis un siècle. Même les plus sceptiques (NASA) s'accordent maintenant avec ceux qui l'annonçaient les premiers (les astrophysiciens russes) : commence une période de faible activité qui pourrait durer environ une trentaine d'années. Certains n'en conviennent toujours pas, mais étant donné que le réchauffement récent est sans guère de doute lié à la forme éblouissante du Soleil durant la deuxième moitié du XXe
siècle (activité record depuis au moins un millénaire paraît-il), les conséquences logiques sont les suivantes : les températures vont globalement chuter, celle des mers et donc aussi leur niveau devrait en faire de même. Il n'y a guère donc de souci à se faire concernant le niveau des mers et son hypothétique hausse. Tout irait-il donc pour le mieux, puisque la chaleur (très relative, comme on peut le voir sur la figure présentée dans le précédent article) serait source de tous les malheurs météorologiques de notre temps ? Encore une fois, mieux vaut ignorer les âneries proférées dans les médias, mais aussi par certains scientifiques, peu au fait de l'histoire du climat. Car dans toute l'histoire de l'Holocène, c'est-à-dire depuis 10 000 ans, une température globale élevée est associée à un temps clément, peu violent, à une moindre extension des zones arides, une plus faible fréquence des sécheresses. Inversement, les périodes plus froides voient les déserts progresser, une fréquence accrue des sécheresses, plus de tempêtes et de cyclones. Ainsi, durant le Petit Âge de Glace, les tempêtes étaient particulièrement violentes, faisant de nombreux morts en plein été, pourtant une période de temps plus calme. Les cyclones étaient plus violents également. L'étude des paléoenvironnements montre que durant cette période et jusqu'à la fin du XIXe siècle la région de New York a subi l'occurrence de très violents cyclones tropicaux, ce qui n'est plus advenu depuis. À cette époque, le Sahara s'est étendu. Cela a eu lieu aussi durant le refroidissement d'après-guerre, dans une moindre mesure heureusement. Chacun a néanmoins en tête la grande sécheresse sahélienne.
Que conclure ? Pour ma part, aucune crainte du côté du niveau des mers. Ni pour nous, ni pour d'autres dans le monde. Mais une violence accrue des tempêtes et cyclones pourrait localement provoquer des inondations côtières (surcotes dues aux faibles pressions atmosphériques), temporaires mais aux effets durables chez les plus démunis.
Les sécheresses plus fréquentes auront nécessairement un impact négatif sur la production agricole. Avec un effet durable chez les plus démunis, une nouvelle fois. L'extension des zones arides, de même. Autant de choses dont une véritable solidarité mondiale pourrait venir à bout. Encore faudrait-il pour cela que les vrais enjeux soient non seulement identifiés mais aussi pris en considération et que la solidarité ne soit pas, directement ou par le biais de la manipulation, aux mains de ceux qui n'ont jamais eu de sentiment d'empathie...




Par Hacène - Publié dans : Environnement / science / santé
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Mardi 11 août 2009
J'avais prévu de faire paraître l'article sur le niveau des océans aujourd'hui, mais il n'est pas encore terminé. Il me prend plus de temps que prévu. Faut dire qu'il y a de quoi faire... Et comme je m'absente un moment, il vous faudra patienter encore un peu. Avant la fin du mois, il devrait être en ligne. En attendant, je vous laisse une petite figure sur la reconstitution des températures à Vostok, base antarctique la plus connue. Je ne la commente pas pour l'instant et vous laisse vous faire votre propre opinion. D'ailleurs, ce serait bien de la faire connaître en laisant un message et, pourquoi pas ?, de dialoguer entre vous...



("Years before present (ka)" : temps en milliers d'années, en remontant dans le passé. "Years A.D." : années de notre ère, bref, la date après J.-C.)




Par Hacène - Publié dans : Environnement / science / santé
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